Dimanche 21 Avril 2024

Esclavage par ascendance : « Il faut criminaliser »

« Yetaw », la table ronde mensuelle de Tuwindi a reçu le mardi 23 août, Aguibou Bouaré, président de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH) avec comme thème : « Esclavage au Mali entre violences assassines et coutumes fortement ancrées ». Cet exercice mensuel est un cadre de débats sur les problèmes de l’Afrique et du Mali.

Sollicitée en 2018 par des victimes de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes, la CNDH a depuis toujours été aux chevets de ces derniers. Parmi les causes de l’esclavage par ascendance, figurent les tares dans l’éducation, la pesanteur socio-culturelle et le silence de l’Etat. « La troisième cause est que c’était une impunité entretenue par l’Etat. Le refus des autorités jusqu’à un certain niveau de s’impliquer. Mais depuis ministre Malick Coulibaly, qu’il soit salué, les choses ont changé et l’actuel ministre de la justice M. Kassogué», explique-t-il. Il poursuit que l’une de leurs objectifs à la CNDH est de criminaliser l’esclavage par ascendance et cela est inclus dans l’avant-projet de loi en gestation.

« Cependant, même avec l’arsenal actuel de notre justice, on peut lutter contre l’esclavage », explique M. Bouaré. La CNDH propose de continuer la sensibilisation pour que les acteurs comprennent la nécessité d’abandonner cette pratique. « Que l’Etat prenne ses responsabilités afin de criminaliser et réprimer cette injustice. Il ne faut pas faire les procès des affaires lieu à lieu à l’esclavage par ascendance à Kayes pour plus de transparences. Les victimes d’esclavage sont considérées comme des sous-hommes ou des animaux. Cette année, il y a eu le cas de Djougou Sidibé, membre d’une association Gambana qui veut dire nous sommes tous égaux. Elle, comme bien d’autres victimes, en ont payé le prix ultime », analyse l’expert. Selon Aguibou Bouaré, en septembre 2020, 4 personnes ont été tuées. « Si on regarde la façon dont elles ont été tuées et jetées à la mare, on voit bien que ces personnes pensent que les esclaves sont comme des animaux», regrette-t-il. « Les soi-disant maîtres ne confient que des sales besognes aux esclaves et en plus de cela, les femmes esclaves sont exploitées sexuellement par ces maîtres », ajoute le président de la CNDH.

Pour Tidiane Togola, le fondateur de Tuwindi, cette table ronde est un espace d’échange mensuel de la société civile, des hommes de médias avec un expert sur des problèmes du pays et de l’Afrique. « L’espace donne la parole aux spécialistes et la possibilité aux participants de débattre des sujets importants pour le pays» dit-il.

Aly Diabaté

(stagiaire)

Source : Mali Tribune 27 Août 2022

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