Lundi 22 Juillet 2024

Mali : Mouton de Tabaski : 61% des besoins du Sénégal seront couverts par le Mali

Dans le cadre des préparatifs de la fête de Tabaski, le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, a effectué une visite de 48 heures dans notre pays.

Il a été reçu hier par le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, dans les locaux de son département avant d’effectuer une visite de terrain sur le marché à bétail de Niamana.

Cette visite de travail avait pour objectif de partager avec nos autorités et les acteurs de la filière bétail et viande, l’ensemble des dispositions prises par le gouvernement du Sénégal pour une bonne préparation de la fête de Tabaski.  Elle a été également l’occasion de souligner l’exemplarité de la coopération entre nos deux pays et d’échanger sur les opportunités existantes dans le domaine de l’élevage.

Le ministre sénégalais a rappelé que la Tabaski, au-delà de son caractère religieux et social, constitue un moment fort d’échanges commerciaux entre nos deux pays. «Les importations à partir de la République sœur du Mali ont contribué significativement à la couverture de nos besoins nationaux… En 2023, le cumul des importations s’élevait à 246.165 têtes de moutons dont 149.315 en provenance du Mali, soit 60,66% des importations», a expliqué Dr Mabouba Diagne. Il a informé que les besoins d’importation du Sénégal sont, pour cette année, estimés à 250.000 têtes de moutons dont 61% seront couverts par le Mali.

À cet effet, a-t-il dit, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, à travers sa lettre circulaire en date du 15 avril 2024, a déjà pris toutes les mesures nécessaires à même de faciliter l’exportation de moutons vers le Sénégal. Il s’agit notamment de l’exonération des droits et taxes sur les moutons de Tabaski, l’assouplissement du contrôle des camions et véhicules transportant des moutons, l’autorisation de la présence, à bord de chaque camion, de trois bergers chargés de la surveillance des animaux transportés.

En plus, le chef du gouvernement sénégalais a instruit l’ensemble des ministères concernés pour assurer de bonnes conditions d’accueil aux opérateurs maliens. Des points de vente dotés de toutes les commodités requises, ont été aménagés. Dr Mabouba Diagne a précisé que ces mesures sont applicables du 19 avril au 2 août 2024, soit 60 jours avant la Tabaski et 45 jours après.

Le ministre sénégalais de l’Agriculture a aussi mis à la disposition des éleveurs maliens, un lot de macarons pour les camions transportant le bétail. Tous les documents nécessaires, selon lui, seront disponibles au niveau des postes vétérinaires frontaliers. Il a rassuré que tous les départements ministériels concernés par l’organisation de la Tabaski restent attentifs à toutes les sollicitations afin de garantir un bon séjour des opérateurs maliens au Sénégal.

Pour sa part, le ministre Youba BA a exprimé toute sa reconnaissance aux autorités sénégalaises pour cette visite de travail qui témoigne de l’attachement à la satisfaction des besoins de la population sénégalaise notamment en produits animaux. Il a aussi réitéré sa disponibilité à soutenir le développement des échanges commerciaux entre les deux pays, en facilitant la participation des acteurs de la filière bétail-viande du Mali à la campagne 2024 de vente de moutons de Tabaski au Sénégal.

«Au regard de l’importance de la coopération entre le Mali et le Sénégal, la réussite de l’opération Tabaski dans chacun de nos pays tient à cœur les autorités, car nous partageons le même espace géographique, les mêmes communautés et les mêmes défis», a déclaré Youba Ba, avant de partager certains défis majeurs qui assaillent les systèmes de production animale dans les pays du Sahel, notamment le changement climatique, l’insécurité et la pression démographique sur les espaces pastoraux.

Les marchands exportateurs de bétail réunis sous la houlette de l’Interprofession de la filière bétail et viande (IFBV) au Mali ont, à travers leur président Mamoudou Abdoulaye Diallo, porté à la connaissance de la délégation sénégalaise, les difficultés récurrentes qu’ils rencontrent pendant leurs déplacements pour l’opération Tabaski au Sénégal. Il a insisté sur l’insécurité sur les sites de vente du bétail, le manque d’assistance aux éleveurs maliens en cas de vol ou d’agression, la non affectation de sites spécifiques aux marchands à bétail maliens sur les zones de ventes. Sans oublier les multiples tracasseries sur le long de l’axe routier Bamako Dakar et l’exigence d’utiliser des véhicules sénégalais pour le transport des animaux, une fois arrivés sur le territoire sénégalais.

Pour améliorer les conditions de ventes des moutons au Sénégal, les acteurs de l’interprofession attendent, entre autres, la sécurisation des sites pendant toute la durée de la période de Tabaski par des policiers, l’aménagement et la sécurisation des sites avec de l’eau en permanence pour l’abreuvement des animaux et la disponibilité de l’aliment bétail. Par ailleurs, le président de l’Interprofession de l’IFBV a annoncé que les préparatifs vont bon train.

À ce jour, plus de 27.197 moutons sont prêts pour le départ. «Nos marchands poursuivent la collecte des moutons au niveau des marchés primaires et cela viendra s’ajouter à ce qui est déjà recensé. Nous espérons combler toutes vos attentes pour cette campagne 2024», a déclaré Mamoudou Abdoulaye Diallo.

Au cours de son séjour, le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, a discuté avec son homologue malien, Youba Ba, sur un autre projet portant sur l’auto-suffisance alimentaire en viande et en produits laitiers entre la Mauritanie, le Sénégal et le Mali.

Le ministre sénégalais dira que son pays importe dans l’ordre 66 milliards de Fcfa en produits laitiers et le Mali entre 25 et 30 milliards de Fcfa. Ces deux pays, sans la Mauritanie, importent 100 milliards de Fcfa par an. «Nous sommes en train d’explorer un projet régional pour peut-être importer au début 100.000 vaches (des Montbéliardes) du Brésil. Aussi, pour aménager entre 30.000 et 50.000 hectares pour faire de l’ensilage de sorgho et du maïs... Cela va nous rapprocher davantage et va booster l’autosuffisance et la sécurité alimentaire dans nos pays», a-t-il déclaré.

Makan SISSOKO

Source : l’Essor

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